BIO et résidus de pesticides : quels avantages pour notre santé ? 30-04-2012

  • BIO et résidus de pesticides : quels avantages pour notre santé ?

BIO et résidus de pesticides : quels avantages pour notre santé ?

Les pesticides sont utilisés en agriculture conventionnelle pour lutter contre des organismes nuisibles aux cultures. Des faibles quantités de ces substances se retrouvent donc dans les aliments ainsi que dans l’environnement, que l’on appelle résidus. Cependant, le cahier des charges de l'agriculture biologique interdit l’usage de pesticides chimiques, protégeant ainsi l’environnement, et surtout limitant la présence de résidus dans les aliments. Quels sont les avantages de cette pratique pour notre santé ?

 

 

L'alimentation biologique réduit considérablement l'ingestion de pesticides :

Un rapport de l'Autorité européenne de sécurité des aliments, publié en 2011, confirme que les résidus de pesticides sont quasi-inexistants dans les aliments issus de l’agriculture biologique (1). En effet, seuls 2% des échantillons bios analysés en France contenaient des traces de pesticides, mais les Limites Maximales en Résidus (LMR) (2) n’étaient jamais dépassées. Pour ce qui est de l’agriculture conventionnelle, plus de 37% des fruits et légumes analysés contenaient des résidus de pesticides, dont plus de 3% à des quantités supérieures aux LMR. De plus, une autre étude avait souligné que l’on retrouve moins de résidus de pesticides dans le lait maternel des femmes qui mangent bio.

 

Les résidus de pesticides ont de nombreux effets sur la santé :

Certains pesticides possèdent des propriétés de bioaccumulation, ils s’accumulent dans les tissus graisseux et le cerveau, et ils mettront très longtemps à se dégrader. Il a été prouvé scientifiquement que certains résidus de pesticides ont un impact réel sur la santé humaine :

- cancérogènes reconnus pour les animaux et cancérogènes probables pour les humains.

- diminution des fonctions immunitaires, et donc plus grande sensibilité aux agents pathogènes.

- perturbation des cycles hormonaux, ils provoqueraient ainsi une baisse de la fertilité masculine.

- l’exposition du fœtus à des pesticides entre le 3ème et le 7ème mois de grossesse peut conduire à des retards de croissance, ou même un avortement spontané (3).

- neurotoxiques, en particulier associés à un risque plus grand de développer les maladies de Parkinson et d’Alzheimer (4).

L’ingestion quotidienne des résidus de pesticides sur plusieurs dizaines d’années ne serait donc pas sans conséquences pour la santé.

 

Les cocktails de pesticides sont plus nocifs que les substances prises isolément :

Etant donné que les doses ingérées pour chaque molécule sont en général inférieures aux recommandations, les risques pour la santé devraient être restreints. Cependant, le risque vient de l’ingestion cumulée de plusieurs résidus de pesticides. Les effets de synergie possibles entre ces substances ne sont pas pris en compte dans l’évaluation des risques pour le consommateur. Une étude, menée par le Pr. Kortenkamp en 2006, a démontré qu’une grande partie des cancers pourrait être liée à l' "effet cocktail"  de perturbateurs hormonaux chimiques (5).

 

En conclusion, en matière de santé, les atteintes chroniques dues aux pesticides sont dénoncées par de nombreux scientifiques. L’alimentation biologique, sans résidus de pesticides, aurait donc un impact très favorable sur notre santé. Cependant, aucune étude sérieuse n’a pu mesurer l’impact direct de la consommation de produits biologiques sur la santé, du fait de la complexité méthodologique, des questions d’éthique, de la durée et du coût d’une telle étude. Toutefois, l’AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments) reconnaît que « le mode de production biologique en proscrivant le recours aux produits phytosanitaires de synthèse, élimine les risques associés à ces produits pour la santé humaine » (6).

 

 

Notes : (1) The 2009 European Union Report on Pesticide Residues in Food, 16 November 2011, European Food Safety Authority (EFSA), Parma, Italy.

(2) Les Limites Maximales de Résidus (LMR) sont les niveaux supérieurs de concentration de résidus de pesticides légalement permis dans les aliments.

(3) Tye Arbuckle et al., “An exploratory Analysis of the effect of Pesticides Exposure on the Risk of Spontaneous Abortion in an Ontario Farm Population”, Env. Health. Perspective, vol 109, n°8, August 2001.

(4) R.Lewin (1985), Parkinson’s disease : an environmental cause ? Science 229, pp257-258.

(5) A. Kortenkamp (2006). Breast cancer, oestrogens and environmental pollutants: a re-evaluation from a mixture perspective. Int. J Androl, 29, pp193-198.

(6) « Evaluation nutritionnelle et sanitaire des aliments issus de l'agriculture biologique », juillet 2003, AFSSA.

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